Je vis en ermite depuis le mois d'aout : voici pourquoi

Je vis en ermite depuis le mois d'août.

Je me suis acheté une maison au milieu de nulle part, avec un hectare et-demi de terrain et aucun voisin.

Venir jusqu'à chez moi en voiture, c'est impossible quand il pleut : la route en terre est impraticable quand elle est mouillée. Quand c'est le cas, j'utilise mon quad.

Internet, chez moi, ça marche avec Starlink. Et l'eau, c'est celle du puits (avec une pompe, quand même).

Je ne quitte mon terrain que tous les dix jours, pour aller faire les courses.

Et c'est le bonheur absolu : je n'ai jamais été aussi heureux, épanoui, et équilibré.

Pourtant, j'ai passé une bonne partie de ma vie adulte à parcourir le monde...

Et ça ne m'avait pas apporté autant de satisfaction que la vie d'ermite.

J'ai absolument tout chez moi : du terrain et un jardin, une maison comme je les aime (dans laquelle on ne s'ennuie jamais, parce qu'il y a toujours quelque chose à bricoler), 7 chiens, 4 chats (j'en ai récupéré un de plus), un métier épanouissant, un bon millier de livres, et de l'espace pour recevoir des amis.

Il y a aussi des projets pour toute une vie : quatre constructions à rénover, et un hectare et-demi à aménager.

Pour la première fois de mon existence, je n'ai plus du tout envie d'aller voir si l'herbe est plus verte ailleurs.

Mes journées sont équilibrées comme elles ne l'ont jamais été avant: travail intellectuel sur Webmarketing Junkie le matin, créativité avec l'écriture d'articles, travail manuel au jardin et dans la maison, détente dans la nature et avec les animaux...

Je me rends compte, à mesure que le temps passe, à quel point on sous-estime le pouvoir qu'à l'environnement dans lequel on vit sur la façon dont on se sent.

Enferme quelqu'un dans un appartement, sans accès possible à la nature, sans autre activité à faire chez lui que de regarder un écran... Et tu fabriques un anxieux, ou un dépressif.

Donne de l'espace à quelqu'un, des choses à bricoler, des défis quotidiens à la maison, au jardin et dans son métier, donne-lui l'espace, des livres, des animaux et un paysage... Et tu fabriques une femme ou un homme heureux.

Comme beaucoup d'autres, quand j'ai commencé à bien gagner ma vie sur le web, j'ai voulu faire tout ce qui me semblait le plus fou, le plus exubérant, le plus intense.

J'ai fait un tour du monde d'un et-demi, et j'ai collectionné les expériences, les pays, les fêtes, les gadgets électroniques...

J'en ai tiré du plaisir au début... et puis peu à peu, ça a commencé à me détruire à petit feu.

Je n'avais plus d'équilibre, je ne trouvais plus de sens à ma vie, et il m'en fallait toujours plus.

Comme un chien qui ronge un os, et qui n'est jamais satisfait, parce qu'il n'y a dessus que l'odeur de la viande, sans rien de nutritif.

Ça m'a pris trois ans de faire le point, de tester des façons de vivre plus équilibrées, et surtout, d'essayer de comprendre.

Et je pense avoir compris 5 choses :

1- L'environnement dans lequel on passe ses journées, c'est la chose qui a le plus d'impact sur la façon dont on se sent.

Les changements qui peuvent se produire lorsqu'on vit dans un environnement sain sont de l'ordre du miracle. Et je n'exagère pas.

2- Une journée bien vécue, c'est une journée équilibrée. Comme un menu équilibré : il y a de tout dedans. Travail intellectuel, challenges créatifs, apprentissage, projets qu'on réalise avec ses mains et avec des vraies choses, contact avec la nature...

3- Le but de la vie, ce n'est pas d'atteindre la perfection. Ce n'est pas de courir après un standard ou un idéal inatteignable. C'est juste de faire du mieux qu'on peut chaque jour, sur des tâches parfois simples et ordinaires, pour pouvoir être fier de soi quand le soleil se couche, et dormir de bonne fatigue, satisfait d'avoir bien travaillé, heureux, et accompli.

4- L'oisiveté engendre la détresse mentale :

Beaucoup de gens rêvent d'un jour ne plus avoir à travailler. Mais quand le but d'une vie, c'est de pouvoir rester sur les réseaux sociaux, ou juste de ne rien faire du tout, affalé sur un canapé... Est-ce qu'on peut dire qu'on l'a vraiment réussie ?

Étude après étude, les chercheurs constatent la même chose : ça rend les gens anxieux, et déprimés. C'est même probablement la cause la plus importante de "l'épidémie" de problèmes de santé mentale actuelle.

Pour se sentir serein, accompli et heureux, mieux vaut écrire un article que de ne rien faire. Mieux vaut essayer une nouvelle recette de cuisine que de ne rien faire. Mieux vaut, même, nettoyer ses WC que de ne rien faire.

Dans ce schéma, le seul cas dans lequel on ne fait rien, c'est lorsqu'on récupère d'un effort. Ou bien qu'on a choisi intentionnellement de ne rien faire, comme lorsqu'on pratique la méditation, ou qu'on décide de passer le début d'une soirée à regarder le coucher du soleil.

5- Vivre en-dessous de ses moyens, c'est la clé de la sérénité :

Je ne m'étends pas là dessus, parce que ça mérite un article à part entière.

Mais pour faire bref : la meilleure chose que l'argent puisse acheter, c'est la sérénité d'en avoir assez pour ne pas s'inquiéter de l'avenir.

Je sais bien que ces principes ne font pas rêver. Mais je suis là aujourd'hui pour témoigner, après trois années à errer et à chercher, que la clé est vraiment là.

Ça ne veut pas dire qu'il faille vivre en ermite. Pour moi, ce n'est pas un choix, c'est une évidence : j'ai beaucoup d'années d'exubérance à contrebalancer, pour retrouver l'équilibre.

Mais pour d'autres, ça veut peut être dire  d'apprendre à apprécier toutes les petites choses qui font la richesse de chaque journée, et desquelles la plupart des gens essayent pourtant de se débarrasser.

S'impliquer dans le récurage de la terrasse comme d'autres s'impliqueraient dans la composition d'une symphonie.

Se donner à fond dans son travail créatif,  juste pour avoir la satisfaction de l'avoir fait, et pas en visant uniquement un résultat externe, comme l'argent ou la reconnaissance.

Et prendre au sérieux ce que la plupart des gens méprisent : les moments ordinaires du quotidien.

Je ne suis pas en train de me prendre pour un sage de la montagne. Je témoigne juste de ce que j'ai expérimenté, de ce que j'ai vécu, et des constats que j'ai pu faire.

Une meilleure vie est possible : pour beaucoup de gens, ça commence par prendre son indépendance par rapport au salariat, pour pouvoir vivre enfin dans un environnement sain.

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Jean Rivière.