Quand le succès s'abat sur toi, tu peux devenir fou

Quand le succès s'abat sur toi, quand tes résultats ont dépassé toutes tes espérances, quand ta dernière promo a battu tous les records...

Alors tu es en danger.

Et le danger, c'est que la retombée te fasse très mal.

J'explique tout :

Plus on se laisse aller à l'exubérance quand un projet a fonctionné, plus on caresse son égo en se disant qu'on est vraiment le meilleur et qu'on le mérite, plus on se sent invincible après une réussite...

Et plus le retour au réel sera douloureux !

N'importe quel entrepreneur le sait : la plupart des projets qu'on lance, la plupart des promos, des produits, des mailings ou des campagnes qu'on crée... Ce sont loin d'être des best-sellers.

Les best-sellers sont rares par définition : ce sont des anomalies.

Et plus on se laisse aller à l'exubérance quand on en tient enfin un, plus le retour de bâton va faire mal quand le prochain produit ne donnera pas les mêmes résultats.

On s'enferme alors dans un cycle de "hauts" et de "bas" émotionnels, qui sur le long terme ressemble de très près à de la torture.

C'est pareil dans le trading : plus on est attaché émotionnellement aux résultats de chaque trade, plus on devient victime de ses émotions, et plus on a de chances de réagir de façon irrationnelle au prochain échec.

La clé, c'est d'arriver à trouver un certain équilibre, une certaine distance par rapport à ses résultats (et c'est plus difficile à écrire qu'à faire).

De ne pas se définir par ça. D'être fier de soi parce qu'on a fait un bon job, même quand le succès financier n'arrive pas à tous les coups.

Si les clients achètent, tant mieux. On en sera heureux, mais on ne va pas pour autant aller dépenser tout l'argent gagné dès le soir même pour faire la fête, ni tout claquer en produits de luxe "parce qu'on le mérite bien".

On n'a pas besoin de faire ça, parce que la vraie satisfaction qu'on ressent, c'est celle d'avoir fait un bon travail.

Et puis, si ça cartonne derrière, alors tant mieux. Mais si peu de gens achètent, ce n'est pas trop grave :  on essaiera juste de faire mieux la prochaine fois.

On est d'accord : se détacher émotionnellement de ses résultats, c'est bien difficile quand on démarre un business, qu'on trime pendant des années à chercher le succès, et puis qu'on vit sa toute première grande réussite.

Dans cas précis, c'est bien justifié d'en profiter, et de se faire plaisir.

Mais sur le long terme, il faudra changer d'habitudes, au risque de se retrouver enfermé dans une prison mentale : celle qui consiste à ne se sentir bien que quand les ventes sont là, et à se sentir mal quand elles sont faibles.

Passer des années à avoir une estime de soi qui fait du yoyo en fonction des résultats de la veille, ce n'est pas autre chose que de la torture.

Et ça peut rendre fou.

Comment faire alors ?

S'impliquer dans son travail, et l'aimer pour ce qu'il est (et pas seulement pour les résultats qu'il donne).

Et viser le succès, bien sûr, mais sans en devenir prisonnier quand il arrive.

Jean Rivière.