La récession qui vient : est-ce vraiment l'apocalypse ?

C'est pareil qu'en 2008.

Les journalistes et les créateurs du web le savent bien :

Quand l'économie va mal, la meilleure façon de faire des clics, c'est d'écrire des titres qui annoncent presque la fin des temps pour samedi prochain.

"Survivre à la famine qui vient : mieux vaut-il se nourrir de ronces ou de gaines ?"

"Comment passer l'hiver quand on n'a pas de blockhaus dans son jardin"

"La chute du système bancaire mondial : est-ce pour début décembre ou pour fin janvier ?"

J'exagère à peine : il suffit d'ouvrir YouTube pour voir à peu près les mêmes titres. Avec en prime, des vignettes pleines d'explosions nucléaires et de gens qui pleurent ou qui crient.

Ce qui est intéressant, c'est que c'est toujours la même chose : c'est tout à fait prévisible.

L'économie fonctionne par saisons : après l'été, il y a l'hiver, et après l'hiver, il y a le printemps.

Le concept de permanence n'existe pas sur les marchés : les cycles sont des phénomènes naturels autant que le sont le jour et la nuit.

Et ce que l'on sait, c'est que c'est exactement pareil à chaque fois :

Quand l'économie va bien, les gens rêvent de s'enrichir. Beaucoup ne pensent qu'à ça.

Lors de la dernière période positive, on ne parlait que de devenir riche avec les cryptos, l'immobilier, les NFT, et j'en passe...

Et dans ces périodes là, ce qui fait des clics et ce qui fait des ventes, ce sont les contenus qui font rêver d'un avenir meilleur.

Mais au contraire, quand l'économie va mal, ce qui marche, c'est l'inverse :

Les journalistes y font des clics en faisant paniquer le citoyen.

Et ce qui vend des livres et des formations dans ces moments là, ce sont les sujets orientés sur la protection :

Comment survivre à la récession qui vient. Comment planquer de l'or dans son jardin. Comment sortir du système bancaire. Comment survivre en faisant pousser des pommes de terre sur son balcon. Comment préserver la valeur de son bien immobilier.

C'est naturel, et c'est humain : quand tout est beau, on en veut davantage. Et quand tout fait peur, on cherche à se protéger.

L'essentiel, c'est de ne pas devenir une victime de tous ces contenus alarmistes.

On a vu les mêmes en 2008. Et on reverra encore exactement les mêmes à la prochaine crise.

Ce qui est sûr aussi, c'est que dès que l'économie se relèvera, tout le monde ira courir après ce qui remplacera les NFT ou les cryptos sur les réseaux sociaux : la toute nouvelle opportunité du moment pour ceux qui rêvent de s'enrichir.

Beaucoup de gens vendent quand on les fait paniquer. Et ils achètent quand tout le monde a déjà acheté, et s'est déjà enrichi.

Bref, ils font l'inverse de ce qu'il faudrait faire pour préserver son capital, et pour en tirer des fruits : ils vendent quand tout a déjà baissé. Et ils achètent quand tout a déjà augmenté.

Les grands gagnants de cette saison qui commence, ce seront ceux qui n'écouteront pas sonner toutes ces trompettes de l'apocalypse. Ce sont ceux qui refuseront de gâcher leur temps devant des contenus qui sont faits pour les angoisser. Ce sont ceux qui laisseront tout ça passer, sans y participer ni de près, ni de loin.

Et certainement pas ceux qui boivent les paroles des prophètes de YouTube, et qui paniquent parce que Jean-Pierre l'influenceur annonce la fin des temps pour la semaine prochaine.

On se détend, on regarde tout ça de très loin, et on se retrouve à la fin de la crise.

On sera sains et saufs.

Mais ceux qui paniquent et qui prendront au pied de la lettre toutes les prophéties de malheur qu'ils entendront pendant les mois qui viennent, ils se retrouveront ruinés, et plein de regrets.

C'est un choix à faire, et c'est maintenant qu'il faut le faire.

Jean Rivière.